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Usurpation d'identité en ligne : les quarante-huit premières heures
Un faux compte à votre nom, une photo reprise, des messages envoyés à vos contacts. Ce qui se joue dans les deux premiers jours décide du reste : les plateformes agissent vite sur les dossiers propres et lentement sur les autres, et les preuves s'effacent au rythme où l'usurpateur efface ses traces.
Première heure : figer la preuve
Avant tout signalement, avant tout message, capturez. Un compte signalé peut être supprimé dans l'heure, et avec lui tout ce qui aurait servi à établir les faits devant un juge, un employeur ou un assureur.
- Captures d'écran complètes, avec l'adresse visible et l'horodatage de l'appareil.
- L'adresse exacte du profil, et son identifiant interne quand il est affiché.
- La liste des publications, des messages et des personnes contactées.
- Les témoignages de ceux qui ont reçu quelque chose, demandés tout de suite, avec les en-têtes des messages.
Une capture sur un téléphone, sans adresse et sans date, ne vaut presque rien. Une capture propre vaut un dossier.
Deuxième heure : prévenir votre cercle
Un message court, sobre, à vos contacts professionnels et personnels : ce compte n'est pas le vôtre, n'y répondez pas, signalez-le. Deux bénéfices. Vous coupez l'usurpation de sa raison d'être, qui est d'exploiter votre crédit auprès de vos proches. Et vous multipliez les signalements, ce qui accélère le traitement des plateformes, dont les files sont pondérées par le nombre de remontées indépendantes.
Ne publiez pas de capture du faux profil dans ce message. Vous lui donneriez l'audience qu'il cherche.
Les six premières heures : signaler correctement
Toutes les plateformes ont un canal dédié à l'usurpation, distinct du signalement ordinaire, et c'est celui-là qu'il faut emprunter. Le signalement générique part dans une file automatisée ; le canal usurpation est lu.
- Signalez depuis votre compte authentique quand il existe, c'est un élément de preuve en soi.
- Joignez une pièce d'identité si la plateforme la demande, en masquant ce qui ne sert pas à l'identification.
- Décrivez l'usurpation en trois lignes, sans l'histoire autour.
- Gardez le numéro de dossier : il sert pour la relance et pour la suite judiciaire.
Les vingt-quatre heures : la plainte
L'usurpation d'identité est une infraction pénale, en Suisse comme dans l'Union européenne, et la plainte n'est pas qu'un geste symbolique. Elle fait exister le dossier, elle ouvre des voies d'enquête que vous n'avez pas, et elle vous donne une pièce à produire auprès des plateformes, de votre banque et de votre employeur. Déposez-la avec vos captures, pas après.
Si l'usurpation sert une escroquerie visant vos contacts, prévenez aussi votre banque et, selon le cas, l'autorité compétente en matière de cybercriminalité. L'argent part plus vite que les procédures.
Les quarante-huit heures : fermer les portes
Une usurpation est souvent le symptôme d'une fuite en amont. Profitez du moment pour vérifier ce qui a rendu la chose facile.
- Vos mots de passe, en priorité ceux réutilisés d'un service à l'autre.
- La double authentification, partout où elle existe.
- Les sessions actives et les appareils connectés, à révoquer en bloc.
- Les applications tierces autorisées sur vos comptes, souvent oubliées.
- Les photos et éléments biographiques publics qui ont servi à fabriquer le faux profil.
Ce qui prend du temps, et qu'il faut accepter
Le retrait d'un faux compte prend de quelques heures à plusieurs semaines selon la plateforme et la qualité du dossier. Les copies du contenu publié par l'usurpateur, elles, survivent au compte : captures reprises, pages agrégées, résultats de recherche. Leur traitement est un travail distinct, plus lent, qui commence une fois le compte fermé.
Et l'usurpation revient souvent. Un dossier bien constitué la première fois rend les suivantes beaucoup plus rapides à traiter, parce que l'historique est déjà là.
Ce que nous faisons
Nous prenons en charge la constitution de la preuve, les signalements par les canaux qui aboutissent, et le suivi jusqu'au retrait, en coordination avec le conseil du client lorsque la voie pénale est engagée. L'urgence ne dispense pas de la méthode, c'est même ce qui la rend indispensable.